EPI veut dire équipement de protection individuelle. Le Code du travail, cité par l'INRS, vise des « dispositifs ou moyens destinés à être portés ou tenus par une personne » pour la protéger : casque, gants, chaussures de sécurité, bouchons d'oreilles, APR, harnais antichute. L'employeur les fournit gratuitement, en complément de la protection collective.
À retenir
- EPI signifie équipement de protection individuelle : un dispositif porté ou tenu par une personne pour la protéger contre un ou plusieurs risques (définition du Code du travail citée par l'INRS).
- La protection collective passe en premier : l'employeur fournit des EPI quand elle est insuffisante ou impossible à mettre en œuvre (INRS).
- Les EPI sont fournis gratuitement par l'employeur et ne sont pas des avantages en nature ; pour un intérimaire, c'est l'entreprise utilisatrice qui les fournit.
- Un EPI doit être approprié aux risques, adapté au travailleur et compatible avec le travail ; la formation est indispensable pour les antichutes et les APR.
- L'arrêté du 19 mars 1993 fixe des vérifications générales périodiques au minimum tous les douze mois pour les EPI qu'il vise, consignées au registre de sécurité (INRS ED 6077).
Sommaire
EPI veut dire équipement de protection individuelle. Le Code du travail, cité par l’INRS, définit les EPI comme des « dispositifs ou moyens destinés à être portés ou tenus par une personne en vue de la protéger contre un ou plusieurs risques susceptibles de menacer sa santé ou sa sécurité ». C’est l’équivalent de l’anglais PPE (personal protective equipment), un sigle qu’on n’emploie pas en France.
Casque, bouchons d’oreilles, lunettes de protection, gants, chaussures de sécurité, appareil de protection respiratoire (APR), harnais antichute : ce sont tous des EPI. Le sigle EPI a d’autres sens (au collège, par exemple) ; ici, on parle uniquement de protection au travail, avec les règles françaises telles que l’INRS les présente.
| Question | Réponse courte | Source |
|---|---|---|
| Que veut dire EPI ? | Équipement de protection individuelle | INRS |
| Contre quels risques ? | Mécaniques, électriques, thermiques, rayonnements, bruit, mais aussi chimiques et biologiques | INRS |
| Exemples | Casques, bouchons d’oreilles, lunettes, gants, chaussures de sécurité, APR, gilets de flottaison, antichutes, vêtements de protection | INRS ED 6077 |
| Quand en fournir ? | Quand la protection collective est insuffisante ou impossible à mettre en œuvre | INRS |
| Qui paie ? | L’employeur, gratuitement ; ce ne sont pas des avantages en nature | INRS |
| Et pour un intérimaire ? | L’entreprise utilisatrice | INRS |
| Vérifications périodiques ? | Au minimum tous les douze mois pour les EPI visés par l’arrêté du 19 mars 1993 | INRS ED 6077 |
Que veut dire EPI ? La définition du Code du travail
Chaque mot du sigle a son importance :
- Équipement : du simple bouchon d’oreille au système d’arrêt des chutes.
- Protection : l’EPI protège contre un ou plusieurs risques. Il ne supprime pas le danger.
- Individuelle : il est « porté ou tenu » par une personne. C’est ce qui le distingue d’une protection collective.
Un même EPI peut couvrir plusieurs risques. L’INRS cite les cagoules de soudage qui protègent « à la fois contre le risque d’inhalation de fumées et contre les rayonnements dangereux pour les yeux ».
Où se trouvent les règles sur les EPI dans le Code du travail ?
Le guide INRS ED 6077 (2e édition, octobre 2013) renvoie aux articles suivants. Cette liste date de 2013 : vérifiez la version en vigueur de chaque article sur Légifrance avant de vous appuyer dessus.
| Sujet | Articles cités par l’INRS ED 6077 |
|---|---|
| Notion d’EPI et exclusions | R. 4311-8 à R. 4311-11 |
| Règles générales, maintien en état de conformité, notice d’instructions | L. 4321-1 à L. 4321-5 ; R. 4321-4 à R. 4322-3 |
| Caractéristiques, conditions d’utilisation, vérifications périodiques, formation et information des travailleurs | R. 4323-91 à R. 4323-106 |
Exemples d’EPI : la liste par type de risque
L’INRS classe les risques couverts par familles. Le tableau rapproche ces familles des exemples donnés par l’INRS dans sa page et dans l’ED 6077.
| Risque (exemples INRS) | EPI correspondants (exemples INRS) |
|---|---|
| Mécanique : chutes de hauteur | Systèmes d’arrêt des chutes |
| Mécanique : chocs à la tête | Casques de protection |
| Mécanique : projections de particules dans les yeux | Lunettes de protection |
| Thermique : chambre froide, projections de métal fondu | Vêtements de protection contre la chaleur, gants |
| Rayonnements (laser, ultraviolet…) | Cagoule de soudage, lunettes adaptées |
| Bruit | Bouchons d’oreilles, serre-tête antibruit |
| Inhalation de produits ou de fumées | Appareils de protection respiratoire (APR) |
| Produits chimiques, feu | Vêtements de protection contre les produits chimiques ou le feu |
| Noyade | Équipements individuels de flottaison |
La liste de l’ED 6077 ajoute les chaussures de sécurité et les gants à ces exemples.
Quelle différence entre EPI et EPC ?
L’EPC (équipement de protection collective) agit sur la situation de travail pour tous ceux qui s’y trouvent ; l’EPI protège seulement la personne qui le porte. Côté air, par exemple, un « dispositif suffisant de captage ou d’assainissement de l’air » relève du collectif, un APR de l’individuel.
L’ordre est fixé par l’INRS : « La protection collective doit constituer la priorité. » Les EPI ne doivent être envisagés « qu’en complément des autres mesures d’élimination ou de réduction des risques ». En pratique :
- L’employeur identifie et évalue d’abord les risques.
- Il cherche à les éliminer ou à les réduire, avec en priorité la protection collective.
- Si l’analyse des risques montre que la protection collective est insuffisante ou impossible à mettre en œuvre, il met à disposition les EPI appropriés.
Quand les EPI sont-ils obligatoires ?
Le point de départ, c’est l’évaluation des risques de chaque situation de travail. Certains textes imposent des EPI déterminés : l’INRS cite les opérations exposant à l’amiante (arrêté du 7 mars 2013, JO du 14 mars 2013). Mais ces textes spécifiques « ne dispensent aucunement l’employeur de procéder à l’évaluation des risques de chaque situation de travail » (INRS).
L’employeur détermine, après consultation des représentants du personnel, les conditions de mise à disposition et d’utilisation des EPI, notamment leur durée de port. Une signalisation d’obligation de port peut se justifier, par exemple pour la protection auditive dans un atelier bruyant.
Comment choisir un EPI adapté ?
Pour l’INRS, un EPI doit être :
- approprié aux risques à prévenir ;
- adapté au travailleur (morphologie, confort) ;
- compatible avec le travail à effectuer.
Un exemple donné par l’INRS : la rigidité de certaines chaussures à semelle antiperforation gêne la conduite d’un chariot automoteur. Autre piège : ne pas confondre le niveau de performance affiché, par exemple pour des gants contre les produits chimiques, et le niveau de protection réel au poste de travail.
Avant un choix définitif, l’INRS recommande une période d’essai par le personnel pour repérer l’inconfort, la gêne ou les difficultés de port. Le service de prévention et de santé au travail peut conseiller l’employeur à cette étape.
Qui paie les EPI : l’employeur ou le salarié ?
L’employeur. L’INRS parle de « fourniture gratuite (EPI non considérés comme des avantages en nature) ». L’employeur doit aussi fournir les moyens de garder les EPI propres, par exemple des dispositifs de lavage et de séchage des bottes.
Les EPI sont à usage personnel. Un usage partagé reste possible sous conditions d’hygiène : les casques prêtés aux visiteurs d’un chantier peuvent servir à plusieurs personnes s’ils sont nettoyés entre deux utilisateurs ou si l’utilisateur porte une charlotte d’hygiène jetable dessous.
EPI d’un intérimaire : qui les fournit ?
| Situation | Qui fournit | Source |
|---|---|---|
| Intérimaire, cas général | L’entreprise utilisatrice | INRS |
| EPI personnalisés (notamment casques et chaussures) prévus par convention ou accord collectif | Peuvent être fournis par l’entreprise de travail temporaire | INRS |
| Coût pour l’entreprise de travail temporaire | Les EPI ne sont pas à sa charge financière | INRS ED 6077 |
| Entreprise extérieure intervenant sur site | Fourniture et mode d’utilisation à inscrire dans le plan de prévention | INRS |
Et aux États-Unis ?
À titre de comparaison seulement, la règle américaine est différente. Aux États-Unis, l’OSHA définit les PPE comme un « equipment worn to minimize exposure to hazards that cause serious workplace injuries and illnesses » (OSHA, en anglais). La règle fédérale 29 CFR 1910.132(h) (en anglais) impose aussi la gratuité, mais avec des exceptions : par exemple, les chaussures de sécurité non spécialisées et les lunettes de sécurité correctrices non spécialisées, si l’employeur autorise leur port en dehors du lieu de travail. Ces exceptions sont propres au droit américain : les sources françaises consultées ne prévoient rien de tel.
Appareils de protection respiratoire (APR) : les points à connaître
Selon l’INRS, les APR servent quand il est impossible de mettre en place un captage ou un assainissement de l’air suffisant (interventions en espaces confinés, par exemple) ou pour des interventions exceptionnelles et de courte durée, comme le transvasement d’un produit chimique dangereux.
Pour un APR, l’ajustement à la morphologie de l’utilisateur conditionne l’efficacité de la protection. Pour les opérations exposant à l’amiante, la réglementation impose un essai d’ajustement de l’APR, le fit test (arrêté du 7 mars 2013, INRS ED 6077). L’INRS regroupe le choix, l’ajustement, la formation et l’entretien des APR sous le nom de « programme de protection respiratoire ».
Information et formation au port des EPI
L’employeur informe les salariés sur :
- les risques contre lesquels l’EPI les protège ;
- les conditions d’utilisation, notamment les usages auxquels il est réservé ;
- les instructions ou consignes et les conditions de mise à disposition.
Chaque EPI doit être accompagné d’une notice d’instructions du fabricant rédigée en français (INRS ED 6077). À partir de là, l’employeur rédige une consigne d’utilisation au poste de travail, qui précise qu’avant chaque utilisation le travailleur contrôle le bon état de ses EPI.
L’information est complétée par « une formation adéquate comportant en tant que de besoin un entraînement au port de cet EPI », renouvelée « aussi souvent que nécessaire » (INRS). Elle est indispensable pour les EPI complexes : systèmes d’arrêt antichutes et APR.
Vérification périodique, entretien et remplacement des EPI
L’employeur doit maintenir les EPI en état de conformité avec les règles techniques applicables lors de leur mise sur le marché. Un EPI abîmé qu’on ne peut pas réparer de façon fiable, ou dont la date de péremption est dépassée, est retiré. L’INRS donne deux exemples : un oculaire de lunette rayé ou fendu, un serre-tête antibruit aux coques fissurées.
Pour les vérifications générales périodiques, l’employeur :
- en définit la périodicité et la nature ;
- les fait réaliser par une personne compétente, de l’entreprise ou non ;
- consigne les résultats sur le registre de sécurité.
L’arrêté du 19 mars 1993 (JO du 28 mars 1993) fixe la nature et la périodicité de ces vérifications, « a minima tous les douze mois », pour les EPI qu’il vise, dont les équipements antichute, les gilets de sauvetage gonflables et les APR d’évacuation (INRS ED 6077).
Refus de porter un EPI, restrictions médicales : qui est responsable ?
L’INRS ED 6077 rapporte deux décisions de la Cour de cassation :
- Côté employeur : Cour de cassation, Chambre criminelle, 25 avril 2006, pourvoi n° 05-83407. Des casques étaient disponibles, mais aucune instruction n’imposait de les porter réellement.
- Côté salarié : Cour de cassation, chambre sociale, 23 mars 2005 : un chef de chantier « a été licencié pour faute grave pour avoir refusé de manière réitérée de porter un casque de sécurité ».
Si un salarié ne peut pas porter un EPI pour raison médicale, « l’employeur ne peut en aucun cas maintenir un salarié à un poste de travail l’exposant à un risque sans l’EPI approprié ». L’ED 6077 évoque alors un reclassement ou, à défaut, un licenciement pour inaptitude.
EPI de catégorie 1, 2 et 3 : ce qu’on peut en dire
L’ED 6077 indique que les EPI ont été classés en trois catégories, auxquelles les professionnels ont associé les termes « catégorie I, II et III ». Les procédures de certification décrites dans ce document datent de 2013 et ne sont pas reprises ici, car le cadre européen de conception et de mise sur le marché a évolué depuis. Pour un produit donné, partez de la notice d’instructions du fabricant et des publications récentes de l’INRS, dont la fiche catalogue de l’ED 6077 donne les références.
Exemple : un intérimaire en hauteur sur un chantier
Par exemple, une entreprise de gros œuvre accueille un intérimaire pour des travaux en hauteur où la protection collective ne suffit pas à couvrir toutes les phases. Voici ce que donnent les règles citées plus haut :
- Fourniture : le harnais et le système d’arrêt des chutes sont fournis par l’entreprise utilisatrice. Le casque et les chaussures peuvent venir de l’agence d’intérim si une convention ou un accord collectif le prévoit. L’intérimaire ne paie rien.
- Choix : le harnais est adapté à sa morphologie et compatible avec la tâche.
- Formation : obligatoire avant le port, car l’antichute fait partie des EPI complexes pour lesquels l’INRS juge la formation indispensable, avec entraînement.
- Avant chaque utilisation : l’intérimaire contrôle le bon état de son harnais, comme le prévoit la consigne au poste.
- Vérification générale périodique : au minimum tous les douze mois pour ce type d’équipement (arrêté du 19 mars 1993), résultat consigné au registre de sécurité.
Ce qu’il faut vérifier dans votre entreprise
- L’évaluation des risques est-elle à jour pour chaque situation de travail, dans votre document unique ?
- La protection collective a-t-elle été étudiée d’abord ? Notez pourquoi elle est insuffisante ou impossible avant de prescrire un EPI.
- Chaque EPI est-il approprié, adapté et compatible ? Prévoyez une période d’essai avec les salariés concernés.
- Les représentants du personnel ont-ils été consultés sur les conditions de mise à disposition et la durée de port ?
- Notices en français et consignes au poste : sont-elles disponibles et lues ?
- Formation : est-elle faite, avec entraînement pour les antichutes et les APR, et renouvelée quand il le faut ?
- Vérifications périodiques : périodicité définie, personne compétente désignée, registre de sécurité tenu.
- Intérim et entreprises extérieures : qui fournit quoi, et est-ce écrit dans le plan de prévention ?
- Gratuité et hygiène : aucun EPI facturé au salarié, moyens de nettoyage fournis.
Pour votre propre site, faites-vous accompagner par votre service de prévention et de santé au travail et par le service prévention de votre Carsat, de la Cramif ou de votre CGSS. La page Protection individuelle de l’INRS, mise à jour le 26/02/2026, est le bon point de départ pour aller plus loin.
Questions fréquentes
Que signifie EPI au travail ?
EPI signifie équipement de protection individuelle. L'INRS reprend la définition du Code du travail : des dispositifs ou moyens portés ou tenus par une personne pour la protéger contre un ou plusieurs risques pour sa santé ou sa sécurité. Bouchons d'oreilles, lunettes de protection, APR et systèmes d'arrêt des chutes en font partie.
Quelle est la différence entre un EPI et un EPC ?
L'EPI protège la personne qui le porte, l'EPC (équipement de protection collective) agit sur la situation de travail, par exemple un captage ou un assainissement de l'air. Pour l'INRS, la protection collective doit constituer la priorité. Les EPI viennent quand l'analyse des risques montre qu'elle est insuffisante ou impossible à mettre en œuvre.
Les EPI sont-ils à la charge de l'employeur ou du salarié ?
De l'employeur. L'INRS indique que les EPI sont fournis gratuitement et ne sont pas considérés comme des avantages en nature. L'employeur doit aussi fournir les moyens de les garder propres, par exemple des dispositifs de lavage et de séchage des bottes.
Qui fournit les EPI d'un intérimaire ?
L'entreprise utilisatrice. Certains EPI personnalisés, notamment casques et chaussures, définis par convention ou accord collectif, peuvent être fournis par l'entreprise de travail temporaire. Selon l'INRS ED 6077, les EPI ne sont pas à la charge financière des entreprises de travail temporaire.
La formation au port des EPI est-elle obligatoire ?
L'information des salariés doit être complétée par une formation adéquate, avec si besoin un entraînement au port de l'EPI, renouvelée aussi souvent que nécessaire. L'INRS la juge indispensable pour les EPI complexes, comme les systèmes d'arrêt des chutes et les appareils de protection respiratoire.
Un salarié peut-il être sanctionné s'il refuse de porter un EPI ?
Oui. L'INRS ED 6077 rapporte une décision de la Cour de cassation (chambre sociale, 23 mars 2005) où un chef de chantier a été licencié pour faute grave après avoir refusé de manière réitérée de porter un casque de sécurité. L'employeur reste lui aussi responsable s'il ne donne pas l'ordre effectif de porter les EPI.
Que veulent dire EPI de catégorie 1, 2 et 3 ?
L'INRS ED 6077 (2013) explique que les EPI ont été classés en trois catégories, que les professionnels désignent par « catégorie I, II et III ». Les règles de certification décrites dans ce document datent de 2013 : pour savoir à quelle catégorie appartient un produit, référez-vous à la notice du fabricant et aux publications récentes de l'INRS.
Sources
- Protection individuelle : Ce qu'il faut retenir (INRS)
- Les équipements de protection individuelle (EPI). Règles d'utilisation, ED 6077 (INRS, 2e édition, octobre 2013)
- ED 6077, fiche catalogue (INRS)
- Personal Protective Equipment - Overview, OSHA (en anglais)
- eCFR :: 29 CFR 1910.132 -- General requirements (en anglais)
Comment ce guide a été réalisé : il a été recherché et rédigé par Claude, un modèle d'IA, à partir de sources officielles (autorités, organismes de normalisation) consultées pendant la recherche ; les sources sont indiquées ci-dessus. La structure, les liens et les métadonnées passent des contrôles automatiques. L'image d'illustration est générée par IA. Il n'a pas été relu ligne par ligne par un professionnel de la sécurité identifié. à propos
Informations générales, ni conseil juridique ni conseil professionnel. Les règles varient selon le pays et le secteur : consultez le texte applicable à votre site et demandez conseil à l'autorité compétente ou à une personne compétente en prévention.